|
HISTOIRE
Petit comptoir fondé aux environs de 1100 av. J.-C. par
les Phéniciens, la ville passe sous l'influence de Carthage
après la défaite d'Aghatocle pendant les guerres
puniques. Elle est ensuite occupée par les Romains sous
le nom d'Hippo Diarrhytus ou Zaritus. Sa conquête efface
d'un trait 9 siècles d'histoire punique. Démantelée,
la ville voit son territoire passer sous la coupe d'Utique qui
prend le parti de Rome. Il faudra longtemps pour qu'une nouvelle
ville romaine s'érige à la place du site punique
d'Hippo Diarrhytus.
La ville est ensuite conquise par les armée musulmanes qui lui donnent son nom actuel. À partir de 1050, le déferlement des tribus hilaliennes provoque l'effondrement de l'État ziride et le pays éclate en une multitude de petites principautés indépendantes. Bizerte n'échappe pas à la tentation séparatiste. La restauration de l'autorité almohade annonce une nouvelle rupture : quelques 20 ans plus tard, l'Ifriqiya accède au statut de province autonome et voit émerger la dynastie hafside.
En 1535, les troupes de Charles Quint prennent la ville, mais les Turcs les chassent en 1574. Elle devient alors un port corsaire, ce qui lui vaut d'être bombardée par les Français en 1770 puis par les Vénitiens en 1786.
La France obtient la primauté de la ville lors du traité de Berlin en 1878 et entreprend alors la construction d'un grand port militaire sur le modèle de celui de Toulon du fait du rôle stratégique de la ville sur le détroit de Sicile. Ainsi, un canal est creusé pour relier la mer Méditerranée au lac de Bizerte où est aménagée une rade. De l'autre côté du lac est fondée la cité de Ferryville qui est appelée aujourd'hui Menzel Bourguiba.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville est occupée en novembre 1942 par les Allemands puis, après l'avoir bombardée de nombreuses fois, les Americains la reprennent le 7 mai 1943.
Malgré l'indépendance accordée à la Tunisie en 1956, la France conserve la base de Bizerte jusqu'en 1963, ce qui entraîne de nombreuses tensions entre la Tunisie d'Habib Bourguiba et la France de Charles de Gaulle qui atteignent leur paroxysme lors de la crise de Bizerte. La ville est aujourd'hui tournée vers le tourisme malgré la forte présence de l'armée tunisienne (Bizerte est la plus grande base aérienne de Tunisie). |